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Mon voisin m’a dit que...

Pas forcément faits pour vous induire en erreur, certains conseils de jardiniers sont à mettre en doute…
« Moi, je taille mes lavandes en automne ! »

C’est un conseil de jardinier du midi, ou tout au moins de région douce ! Les lavandes résistent bien au froid en montagne, à condition d’être plantées dans un sol bien drainant (caillouteux) et ensoleillé. Dans le midi, elles sont habituellement retaillées en boules bien compactes avant l’hiver. Chez nous, il est conseillé de tailler seulement les tiges florales fanées à l’automne et de laisser tout le feuillage en guide de protection hivernale. Ainsi, si le gel ou la neige trop présente endommage les premiers centimètres de feuillage, ces derniers disparaîtront par la taille de printemps, vous laissant de belles boules bien nettes.

« Cet hiver, je laisserai mon olivier dehors, emmailloté dans du voile d’hivernage ! »

Encore un conseil plutôt méridional ! Malgré sa bonne résistance au froid, autour de -7°C en pot (et -12°C en pleine terre), l’olivier reste une plante méditerranéenne, que l’on doit rentrer chez nous à l’abri pendant toute la période des grosses gelées, c’est-à-dire de novembre à mars. Une véranda non chauffée est idéale, elle peut faire office de jardin d’hiver pour d’autres plantes si elle est hors gel. Un garage, un sous-sol peuvent aussi convenir à la condition de laisser entrer la lumière naturelle. Sinon, une chambre non chauffée et bien lumineuse peut faire l’affaire. Sachez que le voile d’hivernage, même le plus épais et en plusieurs couches ne peut protéger vos plantes que de 4 ou 5°C supplémentaires : à -20°C par ex., le froid sous le voile est encore d e -15°C !

« Toutes les cendres de ma cheminée rejoignent mon jardin. C’est de l’engrais ! »

Les cendres de bois contiennent effectivement beaucoup de potassium (K), un élément na turel qui favorise la bonne floraison et fructification des végétaux. Cependant, il faut se garder d’apporter la cendre en grande quantité, surtout dans nos sols de Maurienne qui sont en majorité calcaires voire très calcaires, car la cendre contient elle-même beaucoup de calcaire. L’excès de calcaire dans un sol de jardin entraîne des phénomènes de carence liés à l’immobilisation d’éléments nutritifs dans le sol. La plus connue est la chlorose ferrique qui se manifeste par le jaunissement des feuilles.

« Je mets tous mes déchets verts et de cuisine sur mon tas de compost ! »

Si le compost fait à la maison permet de recycler beaucoup de déchets en les transformant en un engrais naturel après complète décomposition, ce n’est toutefois pas une poubelle. Evitez d’apporter notamment : trop de coquilles d’œufs ou d’épluchures d’agrumes, le papier journal , les mauvaises herbes grainées, les aiguilles de pin et de sapin, les déchets de taille de conifères… qui se décomposent mal ou très lentement. Pour accélérer la décomposition, alternez des couches peu épaisses de matières vertes qui pourrissent rapidement et des couches fines de matières brunes, finement broyées comme les déchets de taille qui sont plus sèches et assurent une bonne aération du tas de compost. Brassez régulièrement, humidifiez si nécessaire, ajouter de temps en temps une fine couche d’activateur de compost qui va favoriser la vie microbienne indispensable à la décomposition. Au bout d’un an environ, récupérez le compost prêt au bas du tas : il doit avoir l’aspect d’un terreau du commerce de bonne qualité, sombre, grumeleux, sans odeur désagréable.

« Je traite “bio” avec la bouillie bordelaise ! »

La bouillie bordelaise (sulfate de cuivre) est un produit chimique qui fait partie des traitements traditionnels, de la vigne notamment, depuis plus de 130 ans. Elle est autorisée en agriculture biologique, mais ce n’est pas pour autant un produit biologique ! Le cuivre ne se dégrade pas et s’accumule dans le sol au fur et à mesure des traitements. Le cuivre diminue la fertilité de la terre en inhibant le développement des microorganismes du sol… c’est aussi le principe du stérilet ! Le meilleur traitement “bio” au jardin est celui que l’on ne fait pas. Fournissez à vos plantes la terre et l’exposition qui leur conviennent, l’arrosage et l’engrais adaptés, l’espacement et la taille qu’elles requièrent, la rotation culturale qui s’impose et attirez les insectes auxiliaires et les oiseaux : ils font un ménage naturel dans votre jardin. Aussi, ouvrez l’œil : un jardinier attentif, qui sait enrayer une attaque qui démarre malgré les soins précédemment cités, en écrasant les premières colonies de pucerons ou en enlevant les premières feuilles tachées, s’épargne beaucoup de traitements inutiles.

« J’ai déplacé un arbre cet été ! »

L’été n’est assurément pas la saison pour déplacer un végétal, surtout un arbre ! Les petits arbres et arbustes jeunes peuvent être déplacés avec succès s’ils sont plantés depuis moins de 3 ans. Mais la meilleure saison pour le faire est l’automne, au début de la période de repos végétatif, avant les grosses gelées qui vont durcir la terre et compliquer les opérations d’extraction. Comment procéder avec le maximum de réussite ? Tout dépend de l’espèce et de son volume. Les végétaux persistants, en gros les conifères et les plantes qui gardent leurs feuilles en hiver, doivent être extraites du sol avec une motte de terre la plus volumineuse possible. Ainsi les petites racines, celles qui assurent la reprise immédiate, sont conservées. Le plus difficile est d’extraire et de transporter la motte sans la briser. On creusera au nouvel emplacement choisi un trou un peu plus volumineux. Le vide sera comblé par du terreau mélangé à une préparation riche en phosphore, que l’on trouve sous le nom de « stimulant racinaire ». Un tuteurage sérieux est bienvenu. Arrosez et laissez passer l’hiver. Au printemps, arrosez comme une jeune plantation. Les arbustes feuillus caducs, encore jeunes, peuvent être arrachés à la même période de chute des feuilles. Leur plantation est celle des végétaux à racines nues en prenant la précaution de praliner les racines, qui ne doivent surtout pas se dessécher.

« Je protège habituellement mes tomates du mildiou grâce à un morceau de fil de cuivre enfoncé à la base de la tige de mes plants… mais cette année, ça n’a pas bien marché. »

Oubliez définitivement cette cruelle opération qui blesse la tige sans aucune autre action intéressante. Même si le cuivre était solubilisé dans la sève de cette façon, ce qui reste à démontrer, il n’agit pas de manière interne contre le champignon responsable de la maladie. Le mode d’action du cuivre de la bouillie bordelaise est uniquement externe et préventif. On sait qu’il agit sur les tout premiers stades de la germination des spores du champignon, en inhibant des enzymes. Une fois que la spore a germé et que les filaments du champignon se trouvent à l’intérieur de la feuille, le cuivre n’a plus aucun effet.

« J’ai des plantations à faire, mais j’attends la Sainte-Catherine ! »

Le bon vieux dicton jardinier “A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine” a décidément la vie dure. La date du 25 novembre est presque toujours bien trop tardive en Maurienne pour faire des plantations. Des épisodes neigeux, de fortes gelées nocturnes marquent souvent chez nous, en cette fin novembre, le début de l’hiver. Pourquoi attendre alors que le sol encore chaud et les journées encore belles de septembre et d’octobre sont tout à fait favorables au bon enracinement de vos jeunes plantations ? Hâtez-vous, préparez donc votre projet : haie, talus, gazon, vivaces, jardinières pimpantes pour cet automne et le printemps prochain avec les bulbes à fleurs… et rendez-vous chez votre professionnel préféré, celui qui sait vous conseiller, tant sur le plan technique qu’esthétique. Soyez en persuadé : plantez de préférence en septembre-octobre, l’automne est la vraie saison des plantations !

« Moi, je mets une vieille chaussure au fond du trou quand je plante un arbre, ça le fortifie ! »

D’autres vous diront qu’ils enterrent une peau de banane ou un poisson faisandé… toutes ces recettes abominables et pestilentielles vous seront contées avec le plus grand sérieux. Certes le cuir d’une chaussure peut apporter de l’azote en se dégradant, mais les tannages chimiques empêchent le plus souvent cette dégradation ou la ralentissent beaucoup. Colles, caoutchouc et autres plastiques polluent le sol plus que d’être utiles ! Pour les plantations, la matière souveraine qui sert d’engrais à décomposition lente est la corne broyée. Matière naturelle issue du broyage fin des cornes et sabots d’animaux, elle doit être jetée à raison de 2 poignées par arbuste dans le fond du trou de plantation. Elle dure 2 ans, le temps que la plante se mette en place dans son nouvel environnement.

« Je suspends des coquilles d’œuf dans un filet aux branches de mon pêcher… et il n’attrape pas la cloque ! »

Cette étonnante astuce fait partie d’un florilège de légendes relayées par les internautes des sites et forum du jardin amateur. Par quel phénomène magique ces coquilles protégeraient-elles les arbres de la maladie ? On a bien sûr le droit d’y croire, mais aussi de constater que certains printemps, grâce à une météo clémente, on obtient, sans rien faire, le même résultat : pas ou peu de cloque ! Les nectarines se montrent plus sensibles à cette maladie que les pêchers et les pêches de vigne sont les plus résistantes. La cloque se traite plus sûrement au cuivre, sous forme d’oxychlorure, au stade “bouton rose”, c’est-à-dire au moment précis où le bouton floral est prêt à s’ouvrir. Cette période est assez courte, et certains printemps pluvieux, il est difficile de caler correctement le traitement, d’où des échecs possibles malgré le traitement.

« Je mets un grain de gros sel sur chaque limace que je vois au jardin, c’est ma façon à moi de m’en débarrasser ! »

Là, avouez-le, votre voisin s’est bien moqué de vous… Les limaces et les escargots ont été un fléau pour les jardins potagers cette année, faute à une météo très pluvieuse. Ces mollusques ne sortent le jour que par temps humide. En réalité, c’est bien la nuit qu’ils commettent leurs méfaits. À tel point que nombre de jardiniers ce printemps se sont plaints de semer et ressemer sans que rien ne sorte : en fait les jeunes plants germés étaient dévorés dans la nuit.
Le sel doit certainement gêner les limaces, appliqué ainsi sur leur corps, mais c’est à la lampe frontale en pleine nuit qu’il faudrait patiemment agir… C’est la petite limace horticole de couleur noire ou beige qui est la plus vorace et non la grosse loche orange ou brune, que l’on croise plus volontiers dans les bois.
Si vous désirez traiter “bio”, utilisez l’anti-limaces vendu sous le nom de Ferramol. Il s’agit de granulés bleus, identiques à l’anti-limaces classique, mais fabriqué à partir de produits naturels, idéal pour le potager…

« Plantez donc maintenant, en octobre, des bulbes à fleurs dans votre pelouse, c’est joli au printemps ! »

On a tous vu dans des magazines de jardin de belles photos de pelouses ponctuées de jonquilles ou de tulipes dans la rosée d’un petit matin printanier… magnifique image bucolique. La réalité est toute autre. C’est réellement une fausse bonne idée. Pourquoi ? Parce que les bulbes à fleurs de printemps ont un cycle qui n’est pas compatible avec celui d’une pelouse régulièrement tondue. En effet tous ces bulbes ont besoin de garder leurs feuilles un certain temps après la floraison. Ceci afin de reconstituer leurs réserves avant leur période de repos naturelle l’été et l’hiver qui suivent. Or, l’herbe pousse au printemps et avec cette pousse, la nécessité de la tondre… et de tondre en même temps le feuillage des bulbes dont les fleurs ne sont parfois même pas fanées. Résultat : des bulbes qui ne fleuriront pas de sitôt, ainsi privés de la possibilité de reconstituer leurs réserves via leur feuillage. Vous gagnerez à planter ces bulbes plutôt entre vos rosiers par exemple, ils se naturaliseront et ne vous donneront aucun travail : ils fleuriront alors que les rosiers ne sont pas encore démarrés, au printemps et leur feuillage fanera naturellement, masqué par le nouveau feuillage des rosiers. Une belle association, sans contraintes. Plantez également ces bulbes dans les rocailles et les massifs entre vos vivaces. Explosion printanière garantie !

« Moi, je ne gaspille pas d’argent à acheter des semences de pommes de terre, je réutilise les miennes d’une année sur l’autre ».

Oui c’est possible, autrefois, tout le monde faisait bien comme cela… avec parfois des années sans récolte ou si faibles que cela ne payait même pas le travail. La faute le plus souvent aux maladies transmises d’une année à l’autre par les tubercules et surtout les maladies à virus, du type de celle décrite la semaine passée dans ces mêmes colonnes. Achetez de préférence des semences certifiées en magasin spécialisé, bien conservées au frais et à la lumière, bien ventilées avec soin : c’est la garantie de votre prochaine récolte.
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