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Luttez contre le “ver” de la pomme

Entretien avec M. R. de Saint-Rémy-de-Maurienne.
M. R. : « J’ai bien du mal à récolter de belles pommes. Le plus souvent elles tombent, pourrissent et présentent un trou avec de la sciure. Comment les protéger ? " 

B.D. : Le “ver” qui ronge vos fruits est en fait une chenille, la larve du carpocapse. Les adultes sont de petits papillons gris de la taille d’une mite. Ils volent en mai et juin, s’accouplent et pondent sur les jeunes fruits. Les chenilles éclosent, perforent les fruits et en consomment l’intérieur. Les fruits atteints tombent prématurément. Les chenilles se transforment en papillons, qui s’accouplent et donnent une deuxième génération sur des fruits déjà bien développés.

M.R. : « Quelles techniques pour enrayer le processus ? »

B.D. : Les techniques sont tout d’abord préventives. En automne, ramassez les fruits tombés et posez une bande de carton ondulé autour du tronc : les dernières chenilles viendront s’y réfugier pour passer l’hiver. Vous brûlerez le carton en février. Le brossage soigneux des troncs en automne déchire beaucoup de larves et d’autres insectes hivernants, complété par un traitement à l’huile (traitement d’hiver des arbres fruitiers).

M.R. : « J’ai entendu parler de pièges. De quoi s’agit-il ? »

B.D. : En ce moment, après la chute des pétales des fleurs de votre pommier - puisque la saison est en avance - vous pouvez installer des pièges à phéromones. Ce sont des maisonnettes en carton plastifié, abritant une bande engluée et une capsule de diffuseur d’odeur : la phéromone. Les phéromones naturelles sont des odeurs émises par les femelles de papillon, qui attirent leurs mâles en vue de l’accouplement. Elles sont spécifiques de chaque espèce et agissent à faible dose sur de très grandes distances. Ces odeurs ont été reproduites artificiellement et sont ainsi utilisées dans ces pièges. Les mâles englués dans les pièges laissent autant de femelles non fécondées. Ce procédé est un moyen de lutte biologique qui n’annule pas complètement les dégâts mais les limite. Un traitement biologique spécial chenilles au Bacillus thuringiensis viendra compléter le piègeage.

M.R. : « Combien de pièges faut-il installer ? »

B.D. : Un piège par arbre de taille moyenne est en général suffisant. Suspendez-le dans l’arbre, à 1,50 m de hauteur. Enlevez chaque semaine les papillons englués et rajoutez un piège si nécessaire en juin pour lutter contre la deuxième génération. Nous vous souhaitons une bonne récolte !
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