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L’érinose de la vigne

Entretien avec M.J. de Saint-Pancrace.
M.J. nous apporte ce matin des feuilles de sa vigne présentant de curieuses boursouflures (photo) pour un diagnostic.

M.J. : « De quelle maladie s’agit-il ? »

B.D. : Ces symptômes sur feuilles de vigne sont très caractéristiques de l’érinose. Ce n’est pas une maladie, mais le résultat de l’attaque d ’acariens minuscules, invisibles à l’œil nu (1/10e de mm) : les phytoptes. En piquant la face inférieure des feuilles pour se nourrir, ils provoquent des déformations , en forme de boursouflures (galles) garnies de poils hypertrophiés, qui lui fournissent un abri. Ces cloques, d’abord vertes, peuvent virer au rose puis au rouge bordeaux.

M.J. : « Quelle incidence sur le raisin ? »

B.D. Les dégâts restent limités et ont peu de conséquence sur la récolte, sauf en cas d’attaque précoce et violente, qui peut gêner fortement la croissance des jeunes pousses. Dans certains vergers de production, on observe une variété de phytopte capable d’attaquer les boutons floraux, provoquant la coulure (avortement) des fleurs, avec perte importante de récolte.

M.J. : « D’où vient cet acarien ?

B.D. : L’acarien est présent et courant sur les vignes partout en France, mais ne s’exprime pas forcément tous les ans de manière si visible. Il passe l’hiver à l’abri sous la première enveloppe d’écailles des bourgeons de vigne ou sous les écorces crevassées des sarments. Au printemps, il quitte son abri et migre sur les jeunes feuilles, où ses piqûres d’alimentation provoquent les déformations caractéristiques que vous observez. Les œufs sont pondus dans le feutrage qui tapisse les cloques. Cinq à sept générations peuvent ainsi se succéder tout l’été.
L’automne venu, ils quittent le feuillage jaunissant, prêt à tomber, pour aller à nouveau s’abriter dans les écorces pour l’hiver. Et le cycle est bouclé.

M.J. : « Comment lutter contre cette bestiole ? »

B.D. : Un traitement n’est à envisager qu’en cas d’attaque importante. Sinon, il suffit de supprimer les quelques feuilles atteintes. Le traitement traditionnel contre l’oïdium à base de soufre dès l’apparition des galles, suffit pour maîtriser l’érinose. Compter 1 à 2 pulvérisations sous les feuilles à 15 jours d’intervalle. Avec le soufre, prenez garde de ne traiter qu ’à une température inférieure à 25°C sous peine de brûlures du feuillage. Le purin de prêle semble avoir une bonne efficacité. A tester. En ce moment, les groseilles présentent aussi des boursouflures semblables, mais elles sont le résultat de piqûres du puceron jaune, bien visible à la face inférieure des feuilles. Le purin de fougères est dans ce cas bien efficace.
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